Depuis 2022, le marché du capital-investissement européen traverse une phase de transition marquée par un ralentissement des sorties. En France, ce phénomène est particulièrement visible dans le segment small et mid cap, où les fonds rencontrent davantage de difficultés à céder leurs participations dans des conditions de valorisation satisfaisantes.
Cette situation s’explique par plusieurs facteurs macroéconomiques et structurels qui ont modifié les dynamiques de liquidité du marché.
Les données récentes du capital-investissement français confirment une contraction du marché des exits.
Selon l’étude annuelle de France Invest et EY, les fonds ont réalisé environ 12,8 milliards d’euros de cessions en 2024 pour 1 316 opérations. Ce niveau reste inférieur aux volumes observés lors des années de forte activité précédant le retournement du cycle économique.
Les données semestrielles publiées par France Invest et Grant Thornton montrent également un ralentissement du rythme de sorties : 4,8 milliards d’euros de cessions ont été enregistrés au premier semestre 2025 pour 581 opérations. Plusieurs gestionnaires interrogés indiquent que certaines cessions ont été reportées dans l’attente de conditions de marché plus favorables.
Parallèlement, les analyses de marché publiées par CFNews signalent que le volume de sorties observé sur certains semestres récents se situe parmi les plus bas des dix dernières années, confirmant un phénomène de grippage du marché des exits.
Plusieurs facteurs expliquent la prudence actuelle des acheteurs et la difficulté pour les fonds à arbitrer leurs participations.
Le cycle de remontée des taux d’intérêt entamé en 2022 a réduit la capacité de financement des opérations de LBO. Or, dans le segment small et mid cap, une grande partie des transactions repose sur l’effet de levier.
Une capacité d’endettement plus limitée entraîne mécaniquement :
une baisse du nombre d’acquéreurs financiers actifs
une réduction des multiples de valorisation proposés
un allongement des processus de cession
Les fonds ayant investi entre 2019 et 2021 ont souvent réalisé leurs acquisitions sur des niveaux de valorisation élevés. Dans un environnement plus prudent, les acquéreurs ajustent leurs offres, ce qui crée un écart de valorisation (bid-ask spread) qui ralentit la conclusion des transactions.
Les introductions en bourse restent rares sur les marchés européens depuis 2022. Or, pour certaines sociétés de croissance, l’IPO constituait historiquement une voie de liquidité importante. La fermeture partielle de ce canal renforce la dépendance du marché aux cessions industrielles ou aux ventes à d’autres fonds.
Dans ce contexte, les fonds conservent leurs actifs plus longtemps. La durée moyenne de détention des participations dans le private equity européen s’est progressivement allongée ces dernières années.
Alors qu’un cycle classique se situait historiquement autour de 4 à 5 ans, de nombreux gestionnaires observent désormais des périodes de détention pouvant atteindre 6 à 8 ans, en particulier dans le segment lower mid-market.
Cet allongement s’explique par plusieurs éléments :
la volonté d’attendre un meilleur point de sortie
la nécessité de poursuivre le développement opérationnel des sociétés
l’utilisation croissante de mécanismes alternatifs de liquidité (fonds de continuation, secondary buyouts, refinancements)
Si ces tendances concernent l’ensemble du capital-investissement, elles sont plus marquées dans le segment small et mid cap.
Les entreprises valorisées entre 50 et 500 millions d’euros présentent en effet certaines spécificités :
un nombre plus limité d’acquéreurs stratégiques
une dépendance plus forte au financement par effet de levier
un accès plus difficile aux marchés boursiers
Dans ce contexte, la liquidité repose souvent sur la capacité à identifier des acquéreurs internationaux, industriels ou financiers, capables de se positionner sur ces actifs.
Les acteurs du secteur anticipent une amélioration progressive du marché des sorties à moyen terme.
Plusieurs facteurs pourraient soutenir cette dynamique :
une stabilisation, voire une baisse progressive des taux d’intérêt
le retour progressif du financement des opérations de LBO
la réouverture graduelle de certaines fenêtres de marché
un important stock d’entreprises détenues par les fonds arrivant à maturité
Ce volume d’actifs susceptibles d’être cédés pourrait alimenter un cycle d’exits plus soutenu dans les prochaines années, en particulier dans le mid-market européen.
Dans ce contexte de marché plus sélectif, la réussite d’une cession repose de plus en plus sur la préparation stratégique de l’opération et sur la capacité à accéder à un large univers d’acquéreurs.
Les fonds recherchent ainsi des partenaires capables de :
structurer les processus de sortie
identifier des acquéreurs industriels et financiers dans plusieurs juridictions
organiser des opérations transfrontalières
explorer des solutions alternatives de liquidité
Banque d’affaires indépendante et engagée, RightLiens accompagne les fonds d’investissement et les dirigeants dans leurs opérations de cession et de liquidité. Grâce à une expertise sectorielle approfondie et à une présence multi-pays, la banque intervient sur l’ensemble des opérations du mid-market : cessions industrielles, sponsor-to-sponsor, partenariats stratégiques ou structuration de solutions alternatives.
Dans un environnement où la liquidité est devenue un enjeu central pour les fonds, l’accès à un réseau international d’investisseurs et à une expertise transactionnelle spécialisée constitue un levier déterminant pour sécuriser les sorties et optimiser les conditions de marché.
Publié le 06/03/2026