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Les Ehpad à bout de souffle à l'aube de 2025

Fragilisés par l'inflation, les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) attendent un soutien gouvernemental dans le prochain budget. En attendant, un nouveau décret permet d'augmenter les tarifs pour certains résidents, offrant ainsi un peu de répit à leurs finances.

Une situation budgétaire critique

"La situation budgétaire des établissements est catastrophique", alerte Annabelle Vêques, directrice de la Fédération des directeurs d'établissements pour personnes âgées (Fnadepa). "Malgré l'instabilité politique et le déficit public, il est indispensable d'investir dans le secteur du grand âge pour garantir le paiement des salaires et éviter des faillites en cascade."

Une enquête menée en septembre 2024 auprès de 1.600 adhérents de la Fnadepa révèle que 71 % des établissements anticipent un déficit en fin d'année, soit six points de plus qu'en 2023. La perte moyenne est estimée à 156.600 euros, et la moitié des Ehpad n'ont plus de réserves financières suffisantes pour compenser.

"Nous n'avons plus aucune marge de manœuvre", affirme Pierre Roux, président de l'Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA). Réduire le personnel soignant, baisser le chauffage ou espacer le nettoyage des locaux reviendrait à "dégrader la qualité de vie et des soins des résidents", une option inacceptable.

Un financement insuffisant

Les quelque 7.000 Ehpad français (publics, associatifs et privés commerciaux) voient leurs dépenses s'envoler sous l'effet de l'inflation, tandis que leurs recettes stagnent.

Leur financement repose sur trois piliers :

  • Une dotation de l'État pour les soins,

  • Un financement des départements pour la prise en charge de la dépendance,

  • Un paiement des résidents pour l'hébergement (repas, entretien, etc.).

Les aides publiques n'ont pas suivi l'augmentation des coûts, déplore le secteur. "Les dotations liées aux soins et à la dépendance n'ont sans doute pas été revalorisées à hauteur des besoins", reconnaît Olivier Richefou, vice-président de l'association Départements de France (DF). Il plaide pour un équilibre où "tous les acteurs participeraient à l'effort, y compris les résidents aisés, sans mettre en difficulté les plus modestes."

Le secteur mise sur une revalorisation substantielle des dotations étatiques dans le cadre des discussions parlementaires du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS 2025). "Nous attendons un signal fort du gouvernement", affirme Jean-Christophe Amarantinis, président du Synerpa, principal syndicat des Ehpad privés, qui espère une augmentation d'au moins 5 à 6 %.

Un décret pour augmenter les tarifs des plus aisés

Jusqu'à présent, les Ehpad ne pouvaient augmenter librement leurs tarifs d'hébergement, ces hausses étant strictement encadrées.

Mais depuis le 1er janvier, un décret issu de la loi "bien-vieillir" de 2024 autorise une hausse des tarifs pour les résidents ne bénéficiant pas de l'Aide sociale à l'hébergement (ASH).

Cette mesure concerne surtout les établissements publics et associatifs, qui accueillent en moyenne 20 % de résidents modestes et appliquaient jusqu'ici un tarif unique. Désormais, les résidents les plus aisés pourront payer jusqu'à 35 % de plus pour une prestation identique.

"Ce n'est pas une solution miracle, mais cela aidera les établissements à sortir la tête de l'eau", estime Marc Bourquin, conseiller stratégique à la Fédération hospitalière de France (FHF), qui représente les Ehpad publics.

Côté familles, la réaction est plus mitigée. "Beaucoup de résidents peinent déjà à payer leur place, cette mesure risque de créer une barrière à l'entrée", dénonce Françoise Gobled, présidente de la Fédération des amis de personnes âgées (Fnapaef), qui s'avoue "choquée".

L'impact sur les finances des Ehpad sera progressif, car la mesure ne s'appliquera qu'aux nouveaux résidents.

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NB : selon une étude de l'AFP de janvier 2025

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