Après des espoirs initiaux en janvier 2024, l’activité M&A (fusions et acquisitions) a plongé dans l’incertitude, entraînant une baisse marquée des transactions au premier semestre. Les macrofacteurs comme les taux d'intérêt élevés et les tensions géopolitiques ont ralenti le marché. Cependant, la reprise de l’activité est inévitable, car les entreprises doivent combler des besoins stratégiques pressants. Les facteurs clés sont notamment le besoin de croissance dans un environnement économique atone, l'adoption accélérée de l'IA et la nécessité pour les fonds de Private Equity de générer des rendements.
Les moteurs de la reprise
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Besoins stratégiques des entreprises :
- Les corporates exploitent le M&A pour s'adapter à des dynamiques en constante évolution, notamment l’essor de l’IA. L'IA générative transforme les modèles économiques, nécessitant des acquisitions pour rester compétitifs.
- La faible croissance organique oblige les entreprises à privilégier des acquisitions externes pour élargir leurs revenus.
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Pressions dans le Private Equity (PE) :
- Les fonds PE détiennent un nombre élevé de sociétés en portefeuille depuis plus de quatre ans. La pression croissante pour rentabiliser ces investissements pousse à des sorties accélérées.
- Les nouveaux fonds de PE risquent de voir leurs capacités de levée de fonds compromises s’ils ne génèrent pas rapidement de retours financiers.
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Accélération des préparatifs :
- Des initiatives comme les Vendor Due Diligence et des plans de vente ambitieux montrent que le marché se prépare à une reprise, même si elle reste dépendante de la dissipation des incertitudes.
Obstacles persistants
Malgré ces moteurs, plusieurs freins ralentissent la reprise :
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Taux d'intérêt élevés :
- Le coût élevé de l'emprunt rend les transactions moins attractives, réduisant les rendements et augmentant la pression sur la création de valeur.
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Valorisations élevées :
- Les écarts d’attentes de prix entre acheteurs et vendeurs freinent les transactions. Les actifs ayant changé de mains récemment affichent souvent des multiples élevés, suscitant des attentes irréalistes chez les vendeurs.
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Incertitudes politiques :
- Les élections prévues fin 2024 (États-Unis, Royaume-Uni, etc.) ajoutent à l’attentisme des acteurs. Les décisions des banques centrales pourraient être influencées par ces contextes électoraux, retardant les baisses de taux espérées.
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Tensions géopolitiques :
- Les conflits persistants (Ukraine, Moyen-Orient) et les tensions entre États-Unis et Chine accentuent le climat d’incertitude.
Signes d’une reprise possible
Malgré ces défis, des tendances favorables émergent :
- Activité soutenue dans les mégas-transactions : Les grandes opérations dans les secteurs technologique et énergétique démontrent que l’appétit pour les méga-deals reste intact.
- Part des corporates : Ceux-ci représentent désormais 63 % des transactions grâce à leur moindre dépendance au financement externe.
- Effets de l’IA : L’introduction de l’IA générative catalyse des opportunités inédites sous forme d’acquisitions, de partenariats et d’alliances stratégiques.
Conclusion : vers une reprise conditionnelle
La reprise du marché M&A dépendra de la résolution des principaux obstacles, notamment une baisse des taux d’intérêt et une réduction des tensions politiques. En parallèle, les entreprises et investisseurs doivent se préparer à un environnement transformé par les évolutions technologiques, notamment l’IA, qui redéfiniront les stratégies de croissance. À mesure que les incertitudes se lèveront, les conditions seront réunies pour un rebond progressif mais robuste du marché M&A.