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La montée en puissance des biotechs françaises face aux enjeux des maladies rares

La montée en puissance des biotechs françaises face aux enjeux des maladies rares

En 2023, la filière biotechnologique française a confirmé son dynamisme, consolidant son rôle stratégique dans le paysage de la santé en Europe. Avec plus de 820 entreprises biotech en santé recensées, le secteur représente près d’un tiers de l’écosystème HealthTech français. Cette densité d’acteurs reflète une forte capacité d’innovation, portée par un écosystème public-privé stimulant, une structuration progressive autour des bioclusters, et un soutien étatique ambitieux via le plan Innovation Santé 2030.

Un écosystème en expansion malgré les vents contraires

Malgré un contexte économique global tendu, marqué par la hausse des taux d’intérêt, des tensions sur le capital-risque et un durcissement réglementaire, la biotech française ne cesse de croître. L’année 2023 a vu émerger 20 nouvelles sociétésdans ce domaine, contrebalançant 39 liquidations judiciaires, notamment liées à des difficultés de refinancement post-COVID. Ces chiffres démontrent à la fois la vitalité du tissu entrepreneurial et sa fragilité face aux cycles de financement.

Le pipeline des biotechs françaises est dense : en moyenne, chaque entreprise développe trois produits, souvent dans des domaines à fort besoin médical non couvert. Près de la moitié de ces projets se concentrent sur l’oncologie (25 %), les maladies infectieuses (13 %), et les maladies neurologiques (13 %). Plus de 21 % des produits visent les maladies rares, faisant de la France un leader européen dans ce domaine.

Le portefeuille européen de médicaments orphelins

En 2023, la France détenait le plus grand portefeuille européen de médicaments autorisés pour les maladies rares avec 178 produits. Ce leadership est d’autant plus remarquable que 84 % de ces traitements ont été découverts localement, contre une tendance européenne à recourir à l’in-licensing. Par ailleurs, plus de 200 programmes de recherche sur les maladies rares sont actuellement en cours dans les laboratoires français.

Les biotech sont à l’origine de 72 % de ces médicaments, confirmant leur rôle d’acteurs de rupture dans un secteur historiquement dominé par les grands groupes pharmaceutiques. Ces sociétés, souvent de petite taille, s’appuient sur des plateformes technologiques agiles et sur un ancrage académique fort : près de la moitié des biotech ont été créées sur la base de recherches publiques ou universitaires.

Une diversité technologique au service de l’innovation thérapeutique

La force des biotechs françaises réside aussi dans la diversité de leurs approches scientifiques. Trois technologies dominent aujourd’hui le paysage :

  • Petites molécules : 33 % des produits développés

  • Anticorps monoclonaux : 15 %

  • Thérapies géniques et cellulaires : 10 %

Dans les maladies rares, la part des thérapies géniques triple pour atteindre 30 % des projets, illustrant un engagement fort dans les traitements de rupture.

Cependant, un défi majeur demeure : 59 % des projets restent en phase précoce (préclinique ou preuve de concept). L’industrialisation, les essais multicentriques et les réglementations internationales (FDA, EMA) représentent encore des barrières majeures à franchir pour atteindre le marché.

GENFIT : un modèle de biotech mature

Parmi les cas emblématiques, GENFIT, spécialisée dans les maladies du foie, illustre parfaitement la trajectoire d’une biotech française capable de franchir les étapes critiques du développement. Forte de partenariats solides, notamment avec Ipsen, GENFIT développe des solutions contre l’insuffisance hépatique aiguë sur chronique (ACLF), avec un produit en phase 2, et d’autres projets dans le cholangiocarcinome ou les acidémies organiques. Leur produit phare, Elafibranor, a obtenu des résultats positifs en phase 3 et fait l’objet d’une demande d’autorisation de mise sur le marché aux États-Unis et en Europe. À la clé : un versement d’étape de 89 millions d’euros prévu d’ici fin 2024, en plus des royalties.

GENFIT illustre la stratégie de double cotation (Euronext et Nasdaq) adoptée par certaines biotechs françaises matures, qui cherchent à élargir leur base d’investisseurs tout en restant ancrées sur le territoire.

Soutien public et structuration des filières

Face aux enjeux financiers, les biotechs peuvent compter sur le soutien renforcé de Bpifrance, qui a investi 108 M€ en fonds propres en 2023 dans le secteur HealthTech, et sur le cadre structurant du Plan Santé 2030. L’Agence de l’Innovation en Santé (AIS), créée fin 2022, coordonne les actions pour accélérer l’accès aux innovations, en lien avec la nouvelle génération d’IHU et de bioclusters annoncée en 2023.

Des initiatives comme la réforme du statut JEI, la Tibi 2 et la mobilisation du Health Data Hub soutiennent également la compétitivité des biotech, tout en renforçant leur attractivité à l’international.

Enjeux 2024 : consolidation, internationalisation et partenariats

L’année 2024 s’annonce cruciale pour les biotechs françaises. Trois tendances devraient se renforcer :

  1. Consolidation sectorielle : face à la fragmentation du tissu biotech, les fusions-acquisitions deviennent une voie logique pour mutualiser les plateformes, accélérer la R&D et améliorer la rentabilité.

  2. Internationalisation accrue : les essais cliniques se déroulant majoritairement aux États-Unis, les biotech françaises doivent renforcer leurs ancrages internationaux, via des alliances ou des cotations étrangères.

  3. Partenariats stratégiques : à l’instar de GENFIT/Ipsen, de plus en plus de sociétés recherchent des accords de licensing ou de co-développement pour sécuriser leur modèle économique.

Dans ce contexte de mutation, RightLiens se positionne comme un partenaire stratégique pour les biotechs en croissance, en quête de structuration financière, de partenariats industriels ou d'opérations de consolidation. Forte d’une connaissance approfondie du secteur HealthTech, l’équipe RightLiens accompagne ses clients à chaque étape clé :

  • Structuration d’opérations de levées de fonds ou de licensing

  • Identification de partenaires industriels ou financiers en France et à l’international

  • Conseil stratégique sur les rapprochements ou acquisitions

  • Valorisation des plateformes technologiques et des portefeuilles de brevets

RightLiens combine une expertise financière pointue à une compréhension fine des enjeux scientifiques et réglementaires, garantissant un accompagnement sur mesure, pérenne et efficace dans un secteur aussi complexe qu’exigeant.

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