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Structuration des levées de fonds : actions préférentielles, waterfall et arbitrage risque-rendement

Dans les levées de fonds en capital-risque ou en private equity, la création de valeur ne dépend pas uniquement de la croissance opérationnelle, mais aussi de la structuration juridique et financière des instruments d’investissement. Les actions préférentielles constituent l’outil central permettant d’ajuster finement le couple rendement/risque pour les investisseurs.

Logique économique des actions préférentielles

Les actions préférentielles sont conçues pour répondre à l’asymétrie de risque inhérente aux investissements non cotés. Elles permettent aux investisseurs de sécuriser une partie de leur capital tout en conservant une option sur la hausse via la conversion en actions ordinaires.

Elles sont généralement définies dans les statuts et précisées dans un pacte d’actionnaires détaillant droits financiers, politiques et informationnels.

Droits financiers clés

Le droit fondamental est la préférence de liquidation, exprimée en multiple (1x, 1,5x, 2x). Elle s’applique lors d’un événement de liquidité (cession, fusion, liquidation).

Deux grandes catégories existent :

Non participative : l’investisseur choisit entre récupérer sa préférence ou convertir et participer pro rata.

Participative : l’investisseur cumule préférence + participation au surplus, ce qui accroît fortement son rendement asymétrique.

Les clauses anti-dilution constituent un autre pilier du downside protection. Les mécanismes les plus courants sont :

Full ratchet, très protecteur mais dilutif pour les fondateurs,

Weighted average, plus équilibré et aujourd’hui standard dans les deals VC.

Waterfall et répartition de la valeur

La waterfall modélise la distribution du produit de sortie entre les différentes classes de titres. Elle est déterminante dans l’analyse du retour réel pour chaque partie prenante.

Exemple simplifié :

Investisseur A : 5 M€ en actions préférentielles 1x

Fondateurs : 100 % du solde en actions ordinaires

Scénarios :

Sortie à 4 M€ : l’investisseur récupère 4 M€, fondateurs 0.

Sortie à 5 M€ : investisseur 5 M€, fondateurs 0.

Sortie à 20 M€ : investisseur 5 M€ + participation ou conversion selon les termes.

Dans les structures multi-tours, la waterfall devient multi-niveaux, avec des rangs de séniorité distincts.

Downside : maîtrise de la perte maximale

Le downside est limité par :

la préférence de liquidation,

les clauses anti-dilution,

parfois des dividendes préférentiels cumulés,

des droits de contrôle permettant d’anticiper ou bloquer certaines décisions destructrices de valeur.

Ces mécanismes rapprochent économiquement l’action préférentielle d’un instrument quasi-obligataire dans les scénarios bas.

Upside : optionalité et conversion

L’upside repose sur la convertibilité en actions ordinaires, généralement automatique lors d’une IPO ou optionnelle lors d’une cession. L’investisseur arbitre entre protection et participation maximale à la création de valeur.

La structuration vise à préserver l’alignement des intérêts : un upside trop capté par les investisseurs peut nuire à l’incitation des équipes fondatrices.

Les actions préférentielles sont un outil d’ingénierie financière sophistiqué permettant d’orchestrer la distribution du risque et de la valeur dans une levée de fonds. La compréhension fine des mécanismes de waterfall, de downside et d’upside est indispensable pour négocier des termes équilibrés et assurer la pérennité de la relation investisseurs–fondateurs.

Forte de plus de 400 opérations M&A et levées de fonds réalisées, RightLiens, banque d’affaires indépendante et engagée, accompagne les start-ups et scale-ups dans leurs projets de financement à chaque étape de leur développement. Son expertise couvre aussi bien la structuration des tours de table que la négociation des droits économiques et de gouvernance, afin de sécuriser les investisseurs tout en préservant l’upside et l’engagement des équipes fondatrices.

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